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Fiches conseil


Colorants alimentaires et médicamenteux

1. Colorants alimentaires

• Les colorants alimentaires sont souvent les mêmes que les colorants pharmaceutiques. Ils sont repérables dans la composition des produits alimentaires conditionnés, par leur codage (codification européenne) : E pour Europe suivi d’un numéro à 3 chiffres.

• L’incidence des effets secondaires des colorants serait estimée actuellement, selon les études, entre 0,04 et 0,8% de la population générale. Le sujet atopique serait plus sensible.

• Bien que les réactions aux colorants soient habituellement des intolérances/hypersensibilité de mécanismes non immuno-allergiques, quelques cas de réactions allergiques immédiates, IgE médiées ont été décrites, notamment avec le rouge de cochenille (E124).

• On peut regrouper les colorants en 3 grandes classes :

  => Les colorants de synthèse :
    - Cette classe inclut les colorants azoïques dont la tartrazine (E102), le rouge de cochenille (E124), le jaune orangé S (E110), le noir brillant BN (E151).
- Bon nombre de ces colorants sont interdits depuis 1977 comme l’amaranthe (E123), le bleu anthraquinonique (E130) ou encore le jaune solide (E105).
  => Les colorants minéraux : seul un petit nombre d’entre eux est autorisé, et seulement en surface :
    - E170 : carbonate de calcium
- E171 : bioxyde de titane
- E172 : oxydes et hydroxydes de fer
- E173 : aluminium
- E174 : argent
- E175 : or
- E181 : terre d’ombre brûlée
  => Les colorants naturels :
    - Malgré leur dénomination de ‘’naturels’’, des réactions secondaires ont été décrites avec des colorants tels la cochenille (E120) ou l’annato.
- On y trouve aussi le caramel brun (E150), le rouge de betterave (E162) ou la lactoflavine (E101).

• Suspecté à l’interrogatoire et au vu de l’enquête alimentaire, le diagnostic d’intolérance/hypersensibilité aux additifs peut être confirmé par des tests de provocation par voie orale (TPO) : des gélules renfermant des doses fixes ou croissantes de 1 ou plusieurs additifs sont ingérées sous surveillance. Chez l’enfant, le TPO associe les 5 colorants dans une gélule de 10 mg : E102 (tartrazine), E110 (jaune orangé S), E124 (rouge cochenille), E127 (érythrosine) et E131 (bleu patenté V).

2. Colorants médicamenteux

Les réactions les plus fréquemment retrouvées sont celles aux colorants injectables, notamment la fluorescéine et le bleu patenté V :

 
a) Fluorescéine
=> Manifestations cliniques :
 
 
- Elles sont le plus souvent peu sévères (urticaire, oedème de Quincke) et apparaissent avec une fréquence de 0,5% des injections.
- Les réactions généralisées sévères telles que collapsus cardio-vasculaire et choc surviennent pour 1 injection sur 18 à 27 000.
- L’évolution mortelle des chocs est rapportée pour 1 injection sur 50 à 270 000.
  => Mécanismes physiopathologiques :
    - Hypersensibilité immédiate IgE médiée
- Histaminolibération non spécifique
  => Moyens diagnostiques :
    - Le diagnostic est basé sur l’interrogatoire qui cherche à établir, comme toujours lors d’allergies médicamenteuses, les critères d’imputabilité.
- La fiabilité des tests cutanés (prick-tests et tests intradermiques) est très discutée selon les auteurs.
  => Conduite à tenir :
En cas de nécessité absolue, une induction de tolérance sous haute surveillance hospitalière peut être réalisée, associée à la prise d’antihistaminiques et de glucocorticoïdes. La tolérance obtenue est inconstante.
 

b) Bleu patenté V
=> Manifestations cliniques : urticaire et oedème de Quincke surviennent avec une fréquence de 0,1 à 2,5% des lymphographies. Une cinquantaine de chocs ont été rapportés.
=> Moyens diagnostiques : ils font appel aux tests cutanés à lecture immédiate qui sont habituellement positifs.
=> Conduite à tenir : elle est basée sur l’éviction du colorant et, si besoin, le choix d’un colorant alternatif comme le bleu Evans.