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Allergologie générale


 

Pollens des herbacées

1. Botanique

Les plantes herbacées sont constituées de plusieurs ordres qui intéressent l’allergologue parmi lesquels :

• Les Astéracées, ou Composées, regroupent environ 25 000 espèces et 1100 genres qui comportent notamment :

=> les ambroisies (Ambrosia artemisiifolia, Ambrosia trifida…) ; disséminée accidentellement en France depuis 50 ans à la faveur des grands travaux autoroutiers, Ambrosia artemisiifolia est la mauvaise herbe par excellence, elle pullule sur les terrains abandonnés ou en jachère le long du couloir rhodanien en particulier ;
=> les armoises (Artemisia vulgaris, absinthum, genepi…) ;
=> des plantes alimentaires comme les laitues, endives, chicorées, tournesol…
=> des plantes médicinales telles l’arnica, la camomille, le carthame…
=> des plantes d’ornement comme les dalhias, pâquerettes, chrysanthèmes…, aux pollens peu allergisants car véhiculés par voie entomophile.

Les Chénopodiacées forment un genre qui appartient à l’ordre des Centrospermales ; on y retrouve les betteraves, les épinards, les chénopodes et salicornes, les soudes ou kalis mais aussi des plantes buissonnantes des déserts. Les Chénopodiacées et les Amarantacées (amarantes) dont elles sont proches, présentent de nombreuses affinités biologiques (relations phylogénétiques) avec les Urticacées.

Les Urticacées comportent environ 700 espèces surtout tropicales. En Europe sont surtout retrouvées les pariétaires (Parietaria officinalis, judaïca, cretica), les ramies blanche et verte, non urticantes, qui servent à la fabrication des billets de banque, les orties dont Urtica dioica qui sert à la préparation industrielle de la chlorophylle. Leurs pollens sont anémophiles.

• Et d’autres encore tels que :

=> les Plantaginacées dont le plantain (Plantago lanceolata) ;
=> les Polygonacées dont la rhubarbe, le sarrazin, l’oseille (Rumex acetosella)

2. Nomenclature des plantes herbacées (en 2009)

Plantes herbacées Nomenclature des allergènes Poids moléculaire (kDa) Homologies/Fonctions
Ambroisies
Ambrosia artemisiifolia
Amb a 1
38
pectate lyase
Amb a 2
 
renommé Amb a 1.05
Amb a 3
11
plastocyanine
Amb a 4
30
defensin-like protein
Amb a 5
5
 
Amb a 6
10
protéine de transfert lipidique
Amb a 7
12
plastocyanine
Amb a 8
14
profiline
Amb a 9
10
polcalcine
Amb a 10
18
polcalcine-like protéine
Ambrosia psylostachya
Amb p 5
 
forte homologie avec Amb a 5
Ambrosia trifida
Amb t 5
5
 
Artemisia vulgaris
 
 
 
 
 
 
Art v 1
11
defensin-like protein
Art v 2
14
PR-1
Art v 3
60
protéine de transfert lipidique non spécifique type 1
Art v 4
25/28
profiline
Art v 5
 
polcalcine
Art v 6
 
pectase lyase
Parietaria judaica
Par j 1
15
protéine de transfert phospholipidique
Par j 2
10-14
protéine de transfert phospholipidique
Par j 3
 
profiline
Par j 4
9
polcalcine
Pariétaires officinalis
Par o 1
15
protéine de transfert phospholipidique
Soude (Salsola kali)
 
Sal k 1
43
pectine méthyestérase
Sal k 2
36
homologue de protéine kinase
 
Sal k 3
39+45
méthionine synthase indépendante de la cobalamine
 
Sal k 4
14,4
profiline
 
Sal k 5
18,2
Ole e 1-like protein


3. Clinique

• L’ambroisie présente la particularité d’avoir une pollinisation explosive concentrée sur la 2ème quinzaine du mois d’août et début septembre. Très allergisante, elle est responsable de pollinoses sévères et d’asthme chez des sujets souvent sensibilisés à des aliments comme le céleri. Sa prolifération dans la vallée du Rhône, favorisée par l’augmentation des jachères et des cultures favorables (tournesol, pois fourragers), a conduit depuis le milieu des années 1990 à des campagnes d’éradication par arrachage et d’aménagement des berges du Rhône, des autoroutes et des voies ferrées.

• La pariétaire, fréquente dans les pays du pourtour méditerranéen (en France elle est fréquente dans les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur et Languedoc), est responsable de rhino-conjonctivites et d’asthmes sévères. Sa pollinisation, aussi importante que celle des graminées, s’étale sur une longue période (d’avril à mi-octobre).

• L’armoise, mauvaise herbe des chemins et terrains en friche, pollinise de mi-juillet à mi-octobre. Ses pollens sont très allergisants, ils provoquent rhino-conjonctivite et asthme. Comme l’ambroisie, elle est souvent associée à une sensibilisation à de nombreux ombellifères (céleri, carotte, persil, cerfeuil, coriandre, anis vert, cumin…).

4. Réactions croisées des plantes herbacées

• Les manifestations d’allergies croisées des herbacées semblent moins nombreuses que celles des graminées.

• Les Astéracées (armoise, ambroisie, tournesol, pissenlit…) possèdent une allergénicité croisée entre elles mais aussi avec certaines plantes alimentaires dont les Ombellifères (comme le céleri et le tournesol), le kiwi… Les sujets allergiques aux Astéracées sont sensibilisés dans plus de 50% des cas au céleri, il s’agit alors souvent d’allergies sévères qui touchent principalement les adultes (la consommation de céleri étant réduite chez l’enfant).

• Une sensibilisation au céleri, au tournesol, aux épices doit être recherchée chez tous les sujets allergiques aux pollens d’ambroisie, d’armoise et de bouleau, dans la crainte du syndrome "céleri-carotte-armoise-épices" ou de l’association céleri-bouleau-ambroisie-pastèque-banane.

• Ces allergénicités croisées sont dues notamment à la présence d’allergènes communs comme les profilines (allergène mineur ubiquitaire), le cytochrome C…