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Dermatologie


 

Diagnostic des photodermatoses

• Le diagnostic d’une photodermatose fait appel à :

1. L’interrogatoire : base du diagnostic positif et étiologique, il doit faire préciser au patient :

=> Les circonstances d’apparition et notamment la notion d’exposition à la lumière, les conditions environnementales (eau, sable, neige, nuages...), la durée et l’intensité de l’exposition, le délai de survenue par rapport à l’heure d’exposition...
=> La présence de signes fonctionnels (prurit ou sensation de brûlure).
=> L’usage ou le contact avec des substances photosensibilisantes [cosmétiques, médicaments, végétaux (comme dans la dermite des prés) substances utilisées professionnellement...].
=> L’évolution de la dermatose après l’arrêt de l’exposition, son ancienneté, sa rémanence.
=> Les antécédents personnels et familiaux, les traitements antérieurs et leur résultat...

2. L’examen clinique cherche à décrire :

=> l’aspect des lésions, souvent varié selon que le mécanisme est photoallergique ou phototoxique, mais aussi selon la nature de l’agent photosensibilisant : coup de soleil, aspect plus polymorphe…
=> la localisation des lésions :
  - toutes les zones exposées ne sont pas souvent atteintes en même temps, les zones non habituées au soleil sont plus atteintes dans les lucites et l’urticaire solaire. Les photodermatoses à la différence des eczémas aéroportés respectent le triangle sous-mentonnier, l’espace sous-orbitaire, les rides profondes, le haut du front en cas de cheveux en frange), sur les mains les dernières phalanges et l’emplacement de la montre) ;
- l’extension aux zones couvertes évoque une photoallergie.
=> la persistance de cicatrices.

3. Examens complémentaires :

=> L’exploration photobiologique permet :
  - de reproduire expérimentalement les lésions (phototests),
- de mettre en évidence la responsabilité d’un agent photosensibilisant (photopatch-tests),
- d’identifier la ou les longueur(s) d’onde responsable(s) afin d’orienter le traitement.
=> La biopsie des lésions, ou du phototest, est une aide au diagnostic. Elle permet de distinguer les réactions phototoxiques (lésions épidermiques et présence de cellules dyskératosiques ou sunburn cells) de celles qui sont photoallergiques (lésion principale dermique à type d’infiltrat lymphoplasmocytaire périvasculaire).
=> Des examens biologiques tels que le dosage des porphyrines urinaires, sanguines et fécales, la recherche d’anticorps antinucléaires… peuvent s’avérer utiles pour l’établissement de certains diagnostics différentiels.

 

Caractéristiques

Phototoxicité

Photoallergie

Fréquence parmi les personnes exposées

commun

rare

Prurit

absent

présent

Sensation de brûlures

présente

absente

Délai de survenue après le contact

précoce : dans les heures qui suivent le contact, pas de sensibilisation préalable

tardif : dans les 24 heures qui suivent le contact, avec phase préalable de sensibilisation

Type de lésions

aspect monomorphe :
• placards érythémateux à limites nettes avec ou sans œdème, parfois vésiculo-bulleux, mimant un coup de soleil

aspect polymorphe :
• érythème
• papules isolées ou confluentes
• eczéma aigu vésiculeux ou vésiculo-bulleux, parfois suintant
• parfois lichénoïde

Localisation

limitée précisément au territoire photo-exposé et en contact avec la substance phototoxique (le dessin des herbes mouillées dans la dermite des prés est typique)

déborde le territoire photo-exposé vers les zones couvertes

Patch-tests

négatifs

négatifs

Photopatch-tests

Inadaptés
Erythème +/- bulleux, limités à la zone d’application

Positifs eczémateux, débordant la zone d’application

Evolution

guérison rapide après éviction de la substance phototoxique, peut laisser une hyperpigmentation plus durable (dermite en breloque)

retour à la normale plus long après cessation du contact, possibilité de photodermatose rémanente malgré l’éviction du photoallergène