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Fiches conseil


Antagonistes des récepteurs des leucotriènes

• Le récepteur des leucotriènes CysLT1 a un rôle prépondérant. C’est par son intermédiaire que les leucotriènes cystéinés (LTC4, LTD4 et LTE4) peuvent exercer leurs effets pulmonaires, notamment la bronchoconstriction et le recrutement de cellules inflammatoires (éosinophiles…).

• Les antagonistes actuellement synthétisés sont de puissants bloqueurs du récepteur CysLT1. Leur efficacité est mesurable et a été démontrée :

=> Cliniquement : amélioration des scores symptomatiques, fonctionnels, médicamenteux et de qualité de vie.
=> Sur le plan fonctionnel respiratoire : amélioration du VEMS.
=> Baisse des marqueurs d’inflammation : diminution du NO exhalé, diminution des cellules inflammatoires, dont les éosinophiles, retrouvés dans l’expectoration induite.
=> Protection vis à vis de la bronchoconstriction déclenchée par un test de provocation spécifique d’allergène et dans l’asthme induit par l’effort.

• Cette liste se limite aux molécules de nouvelle génération (les molécules synthétisées antérieurement ont été abandonnées en raison de leur toxicité).

• Leur tolérance semble excellente. Des effets secondaires sont survenus mais semblent pour l’instant mineurs (céphalées, troubles du sommeil, troubles digestifs). Les quelques cas de syndrome de Churg et Strauss rapportés sous anti-leucotriènes sont probablement liés au fait que ces traitements étaient ajoutés pour essayer de contrôler des asthmes sévères causés par cette vascularite. En effet, une étude sur 165 observations de syndrome de Churg et Strauss chez des patients sous différents traitements anti-asthmatiques (zafirlukast, montelukast, zileuton, fluticasone, salmétérol) a conclu qu’aucune classe thérapeutique n’était liée à son développement. Dans 88% des cas, le syndromes de Churg et Strauss a été révélé par la baisse de la corticothérapie, ce qui est logique puisque les corticoïdes systémiques constituent la base du traitement de cette pathologie (avec les immunosuppresseurs comme le cyclophosphamide et l’azathioprine).

Molécule

Dénomination internationale

Dénomination commerciale

Laboratoire

Voie d'administration

ICI-204-219

zafirlukast

Accolate®

Astra-Zeneca

orale

ONO-1078/
SB-20531

pranlukast

Ultair®, Onon®

ONO/SKB

orale

MK-0476

montelukast

Singulair®

MSD

orale

• Ces 3 produits sont actuellement commercialisés dans différents pays. Le montélukast (Singulair®) est le 1er commercialisé en France (1998), et reste le seul actuellement disponible en France. Le mode d’administration par voie orale et en prise unique quotidienne favorise l’adhésion au traitement. Ses indications officielles, telles que citées dans l’AMM, sont les suivantes :

=> l’asthme persistant léger à modéré insuffisamment contrôlé par corticothérapie inhalée et chez qui les bêta2-mimétiques à action immédiate et de courte durée administrés ‘'à la demande’' n'apportent pas un contrôle suffisant de l'asthme,
=> alternative aux corticoïdes inhalés à faible dose chez les patients présentant un asthme persistant léger sans antécédent de crises d’asthme sévères ayant justifié une corticothérapie orale, et dont l’incapacité à gérer un traitement par corticoïdes inhalés est démontrée.
=> traitement préventif de l’asthme induit par l'effort.