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Fiches conseil


Rhinosinusites chroniques

• Les rhinosinusites chroniques sont actuellement définies comme des atteintes non mécaniques des structures nasales (en excluant les atteintes infectieuses des structures sinusiennes), dont la durée peut être établie à une période d’au moins 12 semaines consécutives (Bachert 2014).

• On distingue les rhinosinusites avec et sans polypose naso-sinusienne.

• Elles concernent 5-15% de la population générale adulte ; elle est tout aussi fréquente chez l’enfant (notamment en présence de reflux gastro-œsophagien, de mucoviscidose, de déficits immunitaires, de dyskinésie ciliaire).

• Elles sont liées à une inflammation nasale et sinusienne complexe où interviennent des désordres épithéliaux et mucociliaires, un important infiltrat de polynucléaires éosinophiles activés, de lymphocytes, de mastocytes et de macrophages sans grande différence entre les allergiques et les non allergiques. Ces lymphocytes T synthétisent GM-CSF, IL3, et davantage d’IL4, d’IL13 et d’IL5 chez les allergiques, et d'IFNγ chez les non-allergiques. Des polynucléaires neutrophiles sont fréquemment retrouvés dans les sécrétions.

• Remodelage, constitution de biofilms et perturbation du microbiome sont au premier plan après l’inflammation.

• Les rhinosinusites chroniques associent cliniquement au moins deux symptômes tels que :
=> l’obstruction nasale ;
=> la rhinorrhée antérieure ou postérieure, souvent muco-purulente ;
=> les douleurs, incluant céphalées et sensation de pression de la face ;
=> une hypo voire anosmie ;
=> associés à des signes endoscopiques et/ou scannographiques compatibles.

• Les causes des rhinosinusites sont inconnues, même si la plupart des exacerbations sont clairement d’origine virale avec surinfection bactérienne. Une inflammation nasale allergique ou tabagique surajoutée est actuellement considérée comme une comorbidité importante, de même que l’hypertrophie adénoïdale chez l’enfant.

• L’asthme est une fréquente comorbidité, de même que l’hypersensibilité à l’aspirine. Les IgE totales sont souvent augmentées mais ne constituent pas un marqueur sérique de la maladie.

• L’objectif du traitement est de maintenir le contrôle de la maladie (peu ou pas de symptômes, pas d’altération de la qualité de vie). Les formes résistantes au traitement médical et chirurgical bien conduit rentrent dans l’entité Severe Chronic Upper Airway Disease (SCUAD).

• Le traitement est d’abord médical (corticostéroïdes nasaux plus souvent qu’oraux, antibiotiques de type amoxicilline-acide clavulanique en cas d’exacerbation infectieuse, lavages de nez au sérum salé isotonique, cures prolongées de macrolides). En cas d’échec malgré un traitement bien conduit et des facteurs patients contrôlés (observance, tabagisme notamment), un scanner des sinus est réalisé et une chirurgie endoscopique peut être proposée. Reprendre le traitement médical après la chirurgie est obligatoire.

• Les coûts de cette maladie ont été estimés aux Etats Unis en 2007 à 8,6 milliards de $ par an, ce qui inclus 150 millions de $ d’antibiotiques et le coût de un quart de million de chirurgies sinusiennes annuelles.